Almanach pour une jeune fille triste

MAI
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Mai qu’apportes-tu ?
La Prairie.
La Prairie pacifique, l’herbe douce et profonde qui laisse tout le monde marcher sur elle.
Enrichis-toi de Douceur.

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Il dépend de nous-mêmes d’être ceci ou cela. Nos corps sont nos jardins et nos volontés en sont les jardiniers, de telle sorte que si nous voulons planter des orties ou semer des laitues, piquer de l’hysope et arracher du thym, le garnir d’une sorte d’herbe ou l’orner de plusieurs, le stériliser par la paresse ou le cultiver par le travail, cela dépend absolument du pouvoir, de l’absolu autorité de nos volontés…
Si nous n’avions pas la raison pour contrebalancer le caprice, notre tempérament, notre nature nous conduiraient à des conclusions absurdes… Mais nous possédons la raison pour calmer nos folies, nos tentations, non désirs.
Shakespeare
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Un bonheur nous est réservé…
N’y pensons pas.
Pensons à notre action d’aujourd’hui, à tous les sacrifices qu’elle comporte.
Anonyme
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Quelle sera ma bonne action, la fleur de mon âme aujourd’hui ?
       *
Une lettre, ce matin, vous arrive… de très loin – la lettre qui fut adressée par leur Père aux chrétiennes des premiers temps.
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Femmes, que votre parure ne soit pas celle du dehors : les cheveux tressés avec art, les ornements d’or ou l’ajustement des habits, mais ornez l’homme caché du cœur par la parure impérissable d’un esprit doux et paisible (…).
Ne rendez point le mal pour le mal, ni l’injure pour l’injure, bénissez afin de recevoir un héritage de bénédictions.
Celui qui veut aimer la vie et avoir d’heureux jours, qu’il garde sa langue du mal et ses lèvres des paroles trompeuses ; qu’il se détourne du mal et fasse le bien, qu’il cherche la paix et la poursuive.
Car les yeux du Seigneur sont sur les justes et ses oreilles sont attentives à sa prière. (…) Et qui est-ce qui vous fera du mal si vous êtes attachés au bien ?
Pierre
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Quelques conseils d’un vieil homme sage à une jeune fille qui l’était peu : il faut se résigner à être homme, et même, ce qui est plus douloureux encore, à être femme.

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L’obstacle ? On se brise à lui et on se blesse. Mieux vaut patienter, le tourner et quelquefois il se dissout, s’évanouit de lui-même.
Périé
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Les petits défauts

Très près de la mauvaise humeur, nous trouvons la disposition fâcheuse de se croire offensé à propos de rien. C’est presque toujours à la maison, au sein de notre famille, à l’égard de ceux que nous aimons le mieux que nous nous laissons aller à cette susceptibilité exagérée. Et nous empoisonnons ainsi par notre faute les joies de la famille, nous méconnaissons ces biens sacrés qui sont une bénédiction de Dieu et que nous devrions apprécier avec tant de reconnaissance.
Anonyme
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Prise d’habit

Ce matin en me levant, il me faut habiller mon corps. Il me faut aussi vêtir mon âme.
Ô mon Dieu, seule devant vous, je la laisserais bien toute nue, toute vraie, toute comme elle est à vos yeux, avec ses taches laides à voir, ses menues plaies, sa misère sourde, son mal noir et ce cri de colère que parfois elle pousse au plus profond d’elle-même.
Mais pour marcher aujourd’hui avec ses frères, il convient qu’elle prenne l’habit.

« Passe ta robe, ton manteau, serre ta ceinture… il fait dur dehors, couvre toi… Faible sept fois – et combien plus ! – par amour propre, envie, passion, crainte, inquiétude, douleur, révolte, enveloppe-toi de triple force pour partir au-devant de ceux qui te heurteront aujourd’hui.
Jette ton voile, couvre toi le visage de douceur et de calme pour qu’aucune de tes épines aiguës d’au-dedans ne transperce ou n’égratigne au-dehors celui qui t’offensera tout à l’heure.
Prends ton rosaire de buis, ta rude guirlande de bénédictions dont chaque fleur avant d’être fleur fut une goutte de sang, de sueur ou une larme et égrène le long du chemin pour embaumer au passage les gens de rencontre.
Essuie toi les yeux, lave tes joues, prends ton sourire et porte le toute la journée.
Ce soir, après la route, seule devant Dieu, tu te dépouilleras de tes vêtements de travail et tu lui rendras pour qu’il l’endorme la misère de toi. Mais la retrouveras-tu ?

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Montées
Monter est long, marcher est lent
Sœur qui boitez au ciel allant,

Monter est rude. Nous boitons.
Sœur, prêtez-nous votre bâton.

Et Dieu, s’il y pense, en avril
Nous donne l’aile.
                              Ainsi soit-il.
  *
Il en est qui se rendent au ciel de culbute en culbute : qu’importe, pourvu qu’ils s’y rendent.
François de Sales
  *
Jeune fille de France,
Regardez passer aujourd’hui.

 *
La fille de Lorraine à nulle autre pareille.

Bien allante et vaillante et sans étourderie,
Bien venante et plaisante et sans coquetterie,
Bien disante et parlante et sans bavarderie.

La fille la plus sainte après la Sainte Vierge.
Péguy
  *
JEANNE

C’est une habitude en France, quand on parle à quelqu’un, de le regarder en face, quand même ce serait l’Empereur Charlemagne. (…)
C’est une habitude, en France, quand on voit qu’on a du travail à faire, de commencer par essayer d’y travailler soi-même.
Péguy





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